Scènes Intempestives
« Marie-Antoinette »
d’après sa correspondance,
d’Evelyne Lever
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Le Livre
La correspondance de Marie-Antoinette, miroir d’un destin bien singulier, est une incursion au cœur de la monarchie et de la tourmente révolutionnaire.
Le caractère frivole de la jeune reine transparaît dans les premiers courriers. Mais de lettre en lettre, on assiste à l’évolution d’une personnalité toute humaine qui, confrontée à la grande histoire, passe de l’insouciance à la conscience de sa fonction, de l’inaction politique à la tentative d’influence, et oscille de l’espoir à la peur, jusqu’à la fin annoncée, exprimée dans le déchirant billet du 16 octobre 1793 :
C’est à vous ma sœur que j’écris pour la dernière fois ; je viens d’être condamnée, non pas à une mort honteuse, elle ne l’est que pour les criminels, mais à aller rejoindre votre frère, comme lui innocente, j’espère montrer la même fermeté que lui dans ces derniers moments...
Le texte d’Evelyne Lever a été mis en lecture par Sally Micaleff,
avec Marianne Basler dans le rôle de Marie-Antoinette
au Festival de la correspondance de Grignan.
Le spectacle est repris au Foyer du théâtre de la Madeleine en janvier 2009 à Paris.
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Représentations
Marie-Antoinette
Correspondance 1770-1793
d’Evelyne Lever
Lecture par Marianne Basler
Mise en Lecture de
Sally Micaleff
Illustration Sonore
Kidedo
AU FOYER DU THEATRE DE LA MADELEINE
À partir du 23 Janvier
Du mardi au vendredi à 19h
"Vous voilà donc où la Providence vous a destinée de vivre. Si on n’arrête que sur le grand établissement, vous êtes la plus heureuse de vos sœurs et de toutes les princesses… Du dauphin, je ne vous dis rien ; vous connaissez ma délicatesse sur ce point : la femme est soumise en tout à son mari et ne doit avoir aucune occupation que de lui plaire et de faire ses volontés. Le seul vrai bonheur dans ce monde est un heureux mariage; j’en peux parler. Tout dépend de la femme, si elle est complaisante, douce et amusante."
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Mai 1770. L’archiduchesse d’Autriche arrive en France pour épouser le dauphin, qui deviendra roi sous le nom de Louis XVI. Octobre 1793. Marie-Antoinette, veuve Capet, est conduite à la guillotine. Pendant vingt-trois ans, elle a correspondu avec sa mère, ses frères, ses amis et ses fidèles. Mieux que tout autre témoignage, ces lettres éclairent la personnalité de la dernière reine. Elles nous révèlent par quel cheminement cette princesse, d’abord sentimentale et frivole, dépourvue d’expérience, manipulée par sa famille autrichienne, se jettera dans l’action politique, et tentera désespérément de sauver la monarchie française.
Evelyne Lever
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La Presse
blog.lefigaro
Théâtre : Marianne Basler du bonheur à l’infini par Armelle Héliot - 25 janvier 2009
Dans le foyer du théâtre de la Madeleine, reprise d'une des productions du Festival de la Correspondance de Grignan. Mise en scène par Sally Micaleff, une interprète intelligente et profonde nous permet de saisir les moirures d'une vie.
Par un miracle de grâce et de simplicité, le foyer du théâtre de la Madeleine peut ressembler à un coin des appartements de Marie-Antoinette à Versailles. Le ton des boiseries, la grâce d'une carafe de cristal et le théâtre est là qui vous projette en 1770 alors qu'une toute jeune fille vient d'épouser le Dauphin du "plus beau royaume d'Europe". Elle pénètre, dans une très belle robe ivoire (Arno Couture), une lettre à la main. Une heure durant, suivant un mouvement très naturel, du petit bureau posé sur l'estrade qui dit le théâtre, à l'allée qui sépare en deux le public assis sur de simples chaises, Marianne Basler fait revivre Marie-Antoinette, de sa fraîcheur éblouie aux derniers moments, de la joie au désespoir, du bonheur à l'effroi.
C'est un moment superbe car il n'est qu'émotion maîtrisée de la part de l'interprète dont on devine qu'elle veut, de tous les mouvements les plus secrets de son âme, nous faire comprendre Marie-Antoinette. L'empathie est profonde et, peut-on dire, argumentée. Elle ne juge pas, mais elle n'est pas fascinée par les moments de légèreté, d'inconséquence, d'incompréhension. Elle sait pourtant qu'une jeune fille de quatorze ans débarque dans la cour la plus célèbre d'Europe et qu'en très peu d'années elle va se construire. Faire preuve de beaucoup de détermination s'il s'agit de défendre le Roi.
Marianne Basler, femme splendide, est aussi une artiste intelligente et audacieuse. On comprend qu'elle connaît la Reine de France depuis longtemps. Elle a lu Stefan Zweig, mais aussi Evelyne Lever. C'est ce qu'elle nous offre. Très bien guidée par Sally Micaleff, avec un peu d'environnement sonore, très discret (Kidedo), elle transmet quelque chose de la vérité de cette femme qui écrit des lettres magnifiques. La très jeune fille, Archiduchesse d'Autriche épouse du Dauphin, souffre. "M.le dauphin partage toujours mon lit mais il ne me manifeste pas la moindre tendresse"...Elle n'a aucune expérience. Elle va mûrir. Sentimentale, voire frivole par moments, elle n'est là que parce que sa famille l'a calculé et continue de la manipuler. Mais elle grandit. Il y a les enfants, la passion pour Fersen, l'amour profond pour son époux, le dévouement à la monarchie et son courage. Elle agit. Elle tente quelque chose.
Necker. Elle l'appelle mais sait : "Je crois que sous ses allures de probité, M.Necker cache une ambition démesurée. J'ai peur qu'il nous trahisse." Mirabeau, lettre du 4 juillet 1790.
"Hier soir, j'ai rencontré secrètement Mirabeau. En le voyant, j'ai dû surmonter un mouvement d'effroi.(...) Il est parti en m'affirmant que la monarchie était sauvée. (...)"
Elle ne sera bientôt plus que la veuve Capet. Devant la mort, elle est admirable : "Les vagues du désespoir roulent dans ma tête"
écrit-elle dans sa dernière lettre, le 16 octobre 1793 à 4h et demi du matin...
Théâtre de la Madeleine, Foyer, du mardi au vendredi à 19h. Durée : 1h (01 42 65 07 09). Le choix des lettres dites est réuni en un livret en vente au théâtre (TriArtis) avec une préface d'Anne de Lacretelle, mais il faut aussi lire l'ensemble et tout l'appareil critique passionnant réuni par Evelyne Lever Marie-Antoinette - Correspondance 1770-1793 (Tallandier, 2005). Prix Sévigné 2006. Lire aussi C'était Marie-Antoinette(Fayard, 2006).
Theatrorama
Par Emmanuelle Scali, le 22 mars 2009
Marie-Antoinette Correspondance 1770-1793
Evelyne Lever
Un destin Tragique
«Je me trouve si heureuse que mon bonheur m’inquiète. Si quelque évènement doit le détruire, je supplie le ciel que ce soit ma mort. J’emporterai dans le tombeau la douce certitude d’être aimée », tels sont les mots écrits par Marie-Antoinette quelques années avant sa mort.
Le parcours d’une Reine
Le 16 mai 1770, Marie-Antoinette, archiduchesse, quitte l’Autriche, son pays natal et arrive en France pour célébrer son mariage avec le dauphin. Celui-ci montra sur le trône quelques années plus tard sous le nom de Louis XVI. Le 16 Octobre 1793, Marie-Antoinette, la veuve du Roi de France surnommée « Veuve Capet », est menée à la guillotine. Au cours des vingt-trois années où elle a vécu en France, où elle a connu des instants de joie et de bonheur mais aussi des moments de grande solitude et de tristesse, elle a échangé, avec sa mère, ses frères, ses amis et ses fidèles, de nombreuses lettres, qui nous sont ici présentées avec une délicatesse et une acuité propres au talent d’Evelyne Lever. L’auteur nous propose en effet un texte riche et sensible, adapté de ces passionnantes correspondances. Plus éclairants que n’importe quel autre témoignage, les courriers de Marie-Antoinette, rendus vivants par la puissance émotionnelle de Marianne Basler, extrêmement touchante en Reine de France, témoignent de la personnalité étonnante de Marie-Antoinette, nous dévoilent quel parcours singulier cette jeune femme inexpérimentée, à priori légère et frivole, manipulée depuis l’Autriche par sa mère puis par ses frères, se lancera dans l’action politique, et fera tout pour essayer, en vain, de sauver une monarchie française, définitivement sur le déclin.
De l’émotion avant toute chose…
Pour ce spectacle, Sally Micaleff a fait le choix d’une mise en scène à mi chemin entre la lecture et le jeu proprement dit. Pour parvenir à nous emporter dans cet univers à la fois proche et lointain, puisqu’il met en scène de ces personnages du XVIIIème siècle certes, mais des personnages constitutifs de l’histoire de notre pays, elle n’hésite pas à maintenir sa comédienne dans une dynamique de ruptures, de sorte que l’on oscille toujours entre l’attendrissement, le sourire et une émotion à fleur de peau. Marianne Basler incarne en fait une Marie-Antoinette forte, élevée pour régner et consolider l’alliance de son pays d’origine avec la France, une Marie-Antoinette absolument convaincue de sa légitimité, prête à se battre pour défendre des privilèges certainement obsolètes, mais surtout une Marie-Antoinette émouvante, avant tout femme, en attente du regard que posera éventuellement sur elle son mari souvent absent, amoureuse, éprise d’un comte, Monsieur de Fersen, qui saura rester pour toujours en retrait, malgré leurs sentiments réciproques et mère, troublante parce que proche de ses enfants qu’elle aime, étonnamment pour l’époque, pardessus tout.
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