Tout créateur romantique, passionnément habité par l’œuvre à construire, réclame le silence. Total. Car le vacarme de ses tourments intérieurs l’étourdit autant que l’agitation de la vie au milieu des autres.
Et pourtant, Schumann, inséparable de Clara, tente de tisser avec son entourage un impossible dialogue, comme délivré d’octave en octave par les touches d’un piano, pour échapper à l’angoisse de n’être pas entendu.
« Chanter, puis se taire » dira-t-il avant que le fragile mysère de son génie ne le mène à la folie.
Chantal Desrues est comédienne au sein de la compagnie Aparté et auteur de pièces de théâtre. Son écriture poétique la conduit à repenser le thème de la passion dévorante en proposant aussi bien une version moderne d’un mythe antique « Médée l’effroi
», que la descente aux enfers — et en ce sens le Schumann de « Chanter, puis se taire
» est emblématique — de tout artiste habité par la création jusqu’au vertige.