TriArtis est une maison d’édition littéraire, ouverte à toutes les idées intempestives et créations originales, privilégiant la correspondance, le théâtre et les formes brèves. En savoir +

logo des éditions TriArtis

menu facebook twitter loupe

Recherche sur le site

affiche de l'événement

Dédicace

Philippines

Le dimanche 14 juin 2015

Espace TriArtis
19 rue Pascal - 75005 Paris

 Infos pratiques  Présentation  Le livre Les extraits  Les photos

Espace TriArtis
19 rue Pascal - 75005 Paris

de 18 à 22h

Signature du livre Nouvelles de l'exil de Iya Fernandez.
Exposition de dessins et peintures.

photo de l'événement

photo de l'événement

photo de l'événement

Aujourd’hui, c’est mon premier jour à Paris. Non, je me trompe, c’est le deuxième ! Nous sommes arrivées hier soir avec Tatiana pour rejoindre son père, mon époux. Mais je ne suis pas encore habituée à cette idée. Nous nous sommes rencontrés à Manille, lui et moi, mais j’étais chez moi alors. Peut-être est-ce différent ici, peut-être est-il une autre personne. Moi, en tout cas, je me sens déjà toute différente, toute chamboulée.

Tatiana n’avait pas beaucoup dormi dans l’avion. Le trajet avait duré vingt-sept longues heures, entre les escales et les retards. On avait presque fait le tour du globe !

Tatiana s’était réveillée très tôt et elle avait pris son biberon du matin avec bravoure. Elle était pleine d’énergie. Elle avait six mois et elle était toute excitée à l’idée d’une promenade. Avant de partir travailler, son père avait dit qu’on devrait visiter le Jardin des plantes.

En tout cas, Tatiana et moi avions hâte de nous promener dans cette ville qui deviendrait la nôtre. Quelle énergie tu as, Tatiana ! Attends un peu qu’on te mette tes chaussures et ton pull. Il fait froid, ici. C’est le printemps mais on n’a pas l’habitude : aux Philippines, tu ne portais qu’une couche-culotte, sans tee-shirt la plupart du temps.

Poussette, biberon, biscottes, et l’éternelle bonne humeur de Tatiana. On y va ! Nous sommes descendues de l’appartement sur la rue Geoffroy-Saint-Hilaire. C’était calme. Un bus est passé et on a traversé pour entrer dans le Jardin des plantes.

On a été accueillies par le chant des rossignols, des acacias et de vieux érables. L’air était plein de l’odeur délicieuse du sirop d’érable. Quelle magie ! Ça ne te fait pas penser aux panscakes que Maman faisait, Tatiana ? Comme il s’agit d’un jardin botanique, on va apprendre plein de choses : il y a tant d’espèces à découvrir ! C’est beau, Tatiana. Vois : l’herbe est bien tondue. Regarde le coin des enfants. On pourra y jouer quand tu seras plus grande. Il y a même un jardin à la japonaise. C’est beau, non ? On marche entre les parterres. Je comprends pourquoi Musset a tant aimé ce lieu. Voilà un jardin où donner rendez-vous à un amant. Le décor est parfait.

Il y a quelque chose de bizarre, l’air ici semble propre, tu ne trouves pas, Tatiana ? Et cet espace ! Les gens ne se bousculent pas. Pourtant, j’éprouve un sentiment étrange, je trouve que ce n’est pas assez bruyant. L’air ne sent pas le diesel, ni la poussière, ni le riz. Quel ordre… un endroit où cultiver son monde intérieur. En tout cas, Tatiana, il va falloir apprendre à vivre autrement.