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A Monna Lisa, Le Louvre, Paris

Le Livre

Chers amis,

Voyez un peu cet étrange phénomène : on m’adressait, par le passé, des poèmes, de courts billets, on choisissait pour moi une carte postale…
Mais voici qu’en ce printemps 2009, j’ai reçu soudain un nombre incroyable de lettres ! Des quantités insoupçonnables de courriers ! Toutes sortes de gens que je n’ai jamais rencontrés déclarent m’aimer à la folie… ou pas du tout. Certains me font des scènes ou d’horribles procès d’intention. D’autres s’inventent avec moi des relations passionnées, légères, ou mystiques, familières ou professionnelles, dont bien sûr j’ignore tout.
Cela me perturbe beaucoup. Malgré tout, pouvais-je me soustraire à l’obligation de leur répondre ?
Un éditeur ami, soucieux de mon tourment, a décidé de dévoiler publiquement ces correspondances intempestives.
Me donneriez-vous, chers amis, votre sentiment sincère à ce sujet ?
Bien à vous,

Monna Lisa.


Il existe, dans les archives du Musée du Louvre, des dizaines de lettres adressées à la Joconde.
Idée saugrenue et surprenante que d’écrire à Mona Lisa, de timbrer la missive et de la poster de France ou d’ailleurs !
Les éditions TriArtis, inspirées par l’authenticité de ce fait, ont eu l’idée de choisir quelques unes de ces authentiques missives, et de demander à nos auteurs contemporains d’imiter ces correspondants intempestifs. Romanciers, auteurs dramatiques, auteurs interprètes, réalisateurs et personnalités diverses ont répondu à l’appel : Alexis d’Acquerville, Agnès Akérib, Daniel Arsand, Didier Barbelivien, Christian Creseveur, Crochet, Claudie De la Maisoneuve, Hervé Devolder, Jean-Claude Dreyfus, Jean-Paul Farré, Jean-Louis Favier, Véronique Gamel, Daniel Goupil, Victor Haïm, Françoise Hamel, Mark Jhonnes, Anne-France Lebrun, Laurent Madiot, Jean Marbœuf, Julie Marbœuf, Claude Marin, Pascale Mémery, François Mollon, Marie-Dominique Montavon, Pierre-Alexandre Murena, Pierre Notte, Véronique Olmi, Fabienne Périneau, Francis Perrin, Christine Riverho, Jules Seguin, Gérald Stehr, Gérald Sibleyras, Anne Sylvestre, Pierre Tré-Hardy, Valmont, Claudine Vincent, Séverine Vincent, Alice Yonnet-Droux. Avec en soliste Isabelle Cousteil, dans le rôle de Monna Lisa, cet « orchestre à plumes » affûtées, poétiques, tendres ou cruelles donnent à la « mytérieuse italienne » le ramage chamarré d’un drôle d’oiseau !

Création scénique de Didier Long au Festival de la Correspondance de Grignan 2009

La Presse


Á Monna Lisa, Le Louvre, Paris. Correspondances Intempestives II.
La Joconde n’a rien à envier aux célébrités de chair et de sang, ses visiteurs se comptent en millions et nombre de ses admirateurs lui adresse du monde entier des lettres ou des cartes postales qui sont conservées dans les archives du Musée du Louvre. Les éditions Triartis ont invité plusieurs auteurs et autres personnalités à rejoindre les rangs de ces épistoliers. Chacun a laissé libre cours à ce que suscitait en lui le fameux portrait de Lisa Gherardini, épouse del Giocondo peint par Léonard de Vinci. Tantôt admiratives tantôt hostiles, tantôt surgies du XVIème siècle ou contemporaines, les missives prêtent à l’énigmatique sourire de Mona Lisa les sentiments les plus divers, s’amusent du voisinage bruyant des Noces de Cana de Véronèse ou s’emparent de l’épisode du vol de la Joconde en 1911 par Vincenzo Perugia, ce vitrier italien qui dormait avec le tableau caché dans une valise sous son lit. Éd. Triartis, 127 p, 15 €.
Florilettres n°109 novembre 2009


A Monna Lisa, Le Louvre, Paris, de la part de 45 épistoliers

Rédigé par Nicolas Gary, le jeudi 25 mars 2010 à 10h00
Ah, cette douce Monna, qui peut-être ne mériterait pas une messe, mais valait bien au moins que l’on déplace quelques vaillants auteurs pour lui écrire les lettres, qu’elles soient des confidences d’amoureux transis ou des poèmes d‘admirateurs, jusqu‘aux protestations discrètes… D’ailleurs, du courrier, Mona en reçoit depuis des lustres, tant et si bien que le Louvre qui l’héberge depuis des lustres l’a archivé et conservé. Juste comme ça, on ne sait jamais…

Alors nous y voilà : quarante-cinq auteurs se sont précipité la plume pour déclarer ce qu’ils avaient sur le cœur - on débutera même sur une lettre qui propose trois réponses types à renvoyer à ceux qui auront pris la peine d’écrire, mais cette fois, pas du tout dans un but littéraire. Gratuitement. Pour coucher sur le papier tout ce que Mona peut inspirer.

Dans ce jeu épistolaire, Isabelle Cousteil se fait en effet porte-parole de Mona, en ouvrant et fermant le recueil. On découvre un « Oubliez-moi, j’ai passé l’âge » pour tourner la dernière page avec « Aucun jamais ne volera ma place. Sourira bien qui sourira la dernière ». Et entre les deux, des lettres, comiques, troublantes, irritées, moqueuses, discrètes, enthousiastes, et j’en passe et j’en oublie.

Et de temps en temps, Isabelle prend le temps de répondre, toujours avec humour, et assumant pleinement son rôle.

Voilà bien un petit livre à ne pas rater, succulent et plein de vie. C’est frais, plus que rafraîchissant, parfois survolté, mais toujours étonnant. Qu’on l’aime ou non, Lisa méritait bien ce petit exercice.




Quand la Joconde reçoit du courrier…
Publié le 15 septembre 2011 par Savatier sur Paperblog

... Au musée du Louvre, le dossier de La Joconde s'enrichit régulièrement de lettres directement adressées à Mona Lisa en provenance du monde entier ! L’enveloppe est le plus souvent ainsi rédigée : « Mona Lisa / Musée du Louvre / France ».

C’est en compulsant ces papiers qu’est venu à l’esprit d’Isabelle Cousteil un étonnant projet : demander à des personnalités d’écrire un message à l’énigmatique modèle, ou à sa représentation peinte. Quarante-cinq épistoliers se sont livrés à cet exercice insolite et le résultat ne manque ni d’intérêt ni d’humour...

Certains se lancent dans l'aventure en leur nom propre, comme Agnès Akérib (complice d’Isabelle Cousteil pour un savoureux dialogue d’Alexandre Dumas et de Théophile Gautier, Jean-Claude Dreyfus, Didier Barbelivien (sans Félix Gray…) ou Francis Perrin.

D’autres prêtent leur plume à des personnages réels ou fictifs. Ainsi, Françoise Hamel signe-t-elle « comtesse de Grignan », Jean-Paul Farré « Léonard de Vinci », Julie Marbœuf choisit de camper une directrice de casting de l’agence de mannequins Elitis International (dans une lettre de refus hilarante), Marie-Dominique Montavon, une délégués syndicale, Anne Sylvestre une certaine Ernestine-Antoinette. L’une des pièces les plus drôles de ce recueil reste due à Christine Reverho qui fait décrire au jeune Mouloud, venu d’Aulnay-sous-Bois avec sa classe, sa découverte de l’illustre portrait et de son modèle. Et, comme la démarche n’est guère éloignée d’un exercice de style dans le goût de Queneau, d’autres encore donnent à leur texte une forme plus inattendue : Jean-Marc Gros-Désormeaux, Victor Haïm et Séverine Vincent composent un poème, Laurent Madiot une chanson, Anne-France Lebrun une suite de petites annonces de Libé et Pierre Notte des textos. Il faut vivre avec son temps.

Au milieu de ces missives diverses, l’auteure a inséré de vraies lettres issues du dossier du Louvre ; elles ne sont pas les moins curieuses. Et, comme il faut bien, de temps à autres, que la destinataire s’exprime autrement que par un sourire, Isabelle Cousteil s’est glissée sous son voile à quelques reprises.

Il serait intéressant d’analyser les motivations de ceux qui jettent ainsi une bouteille à la mer (ou à la Poste) à Mona Lisa. Cela ferait sans doute un beau sujet de thèse en psychologie ou en histoire de l’art. Et le lecteur, curieux, s’interroge : La Joconde serait-elle la seule œuvre à recevoir ainsi une foule de messages ? Qu’en est-il d’Olympia, de la Vénus de Milo ou de la Victoire de Samothrace ? Il faudrait bien aller y voir…

Correspondances Intempestives